Comme promis, je vous propose un post dédié à la musique de la Renaissance.
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PALESTRINA
Palestrina est le nom de sa ville natale, près de Rome, qu'il prendra comme patronyme. Giovanni Pierluigi da Palestrina a passé la plus grande partie de sa vie à Rome. Les documents dans lesquels il est répertorié en tant que choriste à Sainte-Marie-Majeure laissent penser qu'il a visité pour la première fois la Ville Éternelle en 1537.
Il fit ses études avec Robin Mallapert et Firmin Lebel. (Il y a une rumeur qui dit que Claude Goudimel a enseigné à Palestrina. La rumeur date du XIXe siècle mais d'après des études récentes, Goudimel n'a jamais été à Rome).
En 1544-1551, Palestrina a été organiste de l'église principale de sa ville natale, et dans sa dernière année devint maestro di cappella à l'église basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome.
En 1550, l'évêque de sa ville est élu pape sous le nom de Jules III et l'invite à le suivre au Saint-Siège, impressionné par ses premières compositions, un livre de messes : il est nommé directeur de musique de la basilique Saint-Pierre de Rome. C'est le premier livre de messes par un compositeur italien de souche, la plupart des compositeurs de musique sacrée en Italie à cette époque venant des Pays-Bas, de France ou d'Espagne. En fait, son livre de messes est inspiré d'un livre de messes de Morales, et les gravures de la couverture sont presque les mêmes que celles sur le livre du musicien espagnol.
L'un des successeurs du pape Paul III, Paul IV, exige la démission de tous les chanteurs ayant été mariés ou ayant écrit des œuvres profanes (madrigaux), ce qui est le cas de Palestrina. Il quitte donc le Vatican et prend successivement la direction musicale de Saint-Paul-de-Latran, puis de Sainte-Marie-Majeure. En 1571, il retourne à Saint-Pierre de Rome et y reste jusqu'à la fin de sa vie. Les années 1570 sont difficiles au niveau personnel : il perd son frère, ses deux fils, et sa femme à cause de la peste (respectivement en 1572, 1575 et 1580). Il prend alors la décision à ce moment de devenir prêtre, mais préfère se marier à nouveau, et cette fois à une riche veuve, ce qui lui permet une certaine indépendance financière (il n'était pas très bien payé en tant que maître de chapelle). Il peut ainsi composer à profusion jusqu'à sa mort, à l'âge de 68 ans ; il est alors reconnu par tous les musiciens de son temps. Victor Hugo le considérera comme le père de toute la musique chrétienne. Il est inhumé à Saint-
Pierre en 1594.
ALLEGRI
Gregorio Allegri (né en 1582 à Rome – mort le 17 février 1652, dans la même ville) était un religieux, un chanteur et un compositeur italien; il était aussi le frère aîné du compositeur Domenico Allegri. Fils du cocher Costantino, son nom Allegri était celui du grand-père, Allegro. Gregorio Allegri est considéré comme l'un des compositeurs romains les plus importants de son temps. Il est l'auteur d'un très célèbre Miserere. Il vécut principalement à Rome et y mourut.
Gregorio Allegri étudie la musique, avec plusieurs de ses frères, auprès de Giovanni Bernardino Nanino, à la chapelle Saint-Louis des français à Rome où il entre en 1591. Étant destiné à la carrière ecclésiastique1, il obtient un bénéfice de la cathédrale de Fermo. Il y compose un grand nombre de motets et d’autres pièces de musique religieuse qui lui valurent d’être remarqué par le pape Urbain VIII qui l’engage dans le chœur de la Chapelle Sixtine. Il garde cette position de décembre 1629 jusqu’à son décès. Il y est élu Maître de chapelle en 1650. Il est de caractère particulièrement simple et agréable.
Parmi ses compositions on trouve deux recueils de concerts à 5 voix publiés en 1618 et 1619, deux recueils de motets à 6 voix publiés en 1621, une sinfonia à 4 parties, cinq messes, deux mises en musique des Lamentations du prophète Jérémie ainsi que de nombreux motets qui ne furent pas publiés de son vivant. Il est l'un des premiers compositeurs d'œuvres pour instrument à cordes et le fameux érudit jésuite Athanasius Kircher en a repris un exemple dans son traité de la Musurgia. La plupart des ouvrages d'Allegri ressortissent au style concertant du premier baroque. C'est particulièrement vrai de sa musique instrumentale. Cependant, les œuvres destinées à la Chapelle Sixtine sont dans la lignée des compositions de Palestrina et dans certains cas, elles sont même écrites dans un style encore plus pur et dépouillé de toute ornementation.
L'œuvre la plus fameuse — et de loin — qu'a écrite Allegri est sans conteste son célèbre Miserere2, que l'on continue à chanter chaque année à la Chapelle Sixtine pendant la Semaine sainte. Il est écrit pour deux chœurs, l'un à quatre voix, et l'autre à cinq. L'un des chœurs chante une version simple du thème original de l'hymne et l'autre chœur, à quelque distance, en chante un commentaire orné. C'est un des meilleurs exemples du style polyphonique de la Renaissance désigné au XVIIe siècle comme stile antico ou prima prattica, et il dénote les influences combinées des écoles romaine (Palestrina) et vénitienne (les Gabrieli, le double chœur).
Le Miserere d'Allegri est un des exemples de la polyphonie de la Renaissance qui a été un des plus favorisés par l'édition discographique alors qu'il a été composé à l'époque baroque, quand cette polyphonie était vraiment passée de mode. Cet ouvrage a acquis une réputation mythique de mystère et d'inaccessibilité pendant les siècles écoulés depuis sa composition jusqu'à l'époque moderne. En effet, le Vatican en avait interdit la reproduction et la diffusion pour en préserver le caractère unique. Mais en 1769, le jeune Mozart, alors âgé de quatorze ans, fit un voyage à Rome avec son père ; il entendit le Miserere d'Allegri à deux reprises et put en restituer la partition de mémoire (à la première ou seconde écoute, selon les sources).
Heinrich Ignaz Franz Biber — né le 12 août 1644 à Wartenberg (aujourd'hui Stráž pod Ralskem1, en République tchèque), mort le 3 mai 1704 à Salzbourg — est un violoniste et compositeur bohémien.
Il reçoit sa formation principale de Johann Heinrich Schmelzer. Avant d'être nommé maître de chapelle auprès du prince évêque de Salzbourg en 1684, il occupe des postes à Olmütz et Kremsier, en Autriche. Violoniste virtuose, il est aussi un grand compositeur de toutes sortes d'œuvres. Il est anobli par l'empereur Leopold Ier « von Bibern » pour son mérite de violoniste et compositeur. Son fils est le compositeur Carl Heinrich Biber (1681-1749), qui lui succéda dans le poste de maître de chapelle à Salzbourg.
Dietrich Buxtehude vers 1637 - Lübeck, 9 mai 1707, est un musicien, organiste et compositeur allemand (peut-être d'ascendance danoise). Établi à Lübeck, l'une des villes les plus actives sur le plan musical en son temps, il compose pour la liturgie, mais aussi pour des concerts spirituels ou profanes plaisant au public local, notamment les Abendmusiken, veillées musicales de l'Avent dont il fait une institution qui se perpétue jusqu'au XIXe siècle. L'un des musiciens les plus reconnus en son temps, il entretient de fructueuses amitiés musicales, comme avec Reinken, et attire de nombreux élèves parmi lesquels on compte Nicolaus Bruhns et sans doute Johann Sebastian Bach. Son œuvre, dont une partie importante nous est parvenue, compte parmi les plus riches d'Allemagne pour la génération située après Sweelinck et Schütz, et avant Bach, avec celles de Reinken et de Pachelbel. Cette œuvre, devenue un classique du répertoire d'orgue, n'a retrouvé la faveur des interprètes et du public que récemment en ce qui concerne les nombreuses pièces de musique vocale, grâce aux amoureux de la musique baroque.
Membra Jesu nostri
Membra Jesu nostri (titre complet Membra Jesu nostri patientis sanctissima humissima totius cordis devotione decantata, en français « les membres de notre Jésus »), BuxWV 75, est un cycle de sept cantates composées par Dietrich Buxtehude, sur des poésies spirituelles du Moyen Âge, déplorant l'une après l'autre les plaies du Christ.
Les sept cantates déplorent chacune l'une des plaies du Christ, dont le chiffre est symboliquement porté de cinq à sept. Les textes sont inspirés par un recueil médiéval de poésie spirituelle, la Rhythmica Oratio, alors attribuée à Bernard de Clairvaux, et en réalité due à un moine cistercien du XIIIe siècle, Arnulf de Louvain. Les textes des deux blessures « ajoutées » par Buxtehude sont, pour Ad latus, un autre poème attribué à saint Bernard, et pour Ad faciem, l'œuvre du prémontré Hermann Joseph von Steinfeld1. L'église luthérienne allemande apprécie en effet ces textes empreints de mysticisme, que celui-ci soit cistercien ou rhénan. Buxtehude n'en conserve que des extraits, et les introduit à chaque fois par une citation biblique faisant référence à la partie du corps concernée.
Les sept cantates de Membra Jesu nostri, dont on ne connaît pas la destination exacte, sont toutes divisées en six sections : une introduction instrumentale, puis un concert vocal pour cinq voix (trois seulement dans la cinquième et la sixième cantate), puis trois arias pour une ou troix voix, et pour finir la reprise du concert vocal. Seule la cantate finale, Ad faciem, dévie de ce modèle puisqu'elle s'achève, non par la reprise du concert, mais par un Amen final. Les concerts vocaux réunissent les solistes, rien n'indique que Buxtehude envisageât de recourir à des chœurs plus étoffés.
Jacob Clemens non Papa ou Jacques Clément ou Jacobus Clemens non Papa, né vers 1510 ou 1515 et mort en 1555 ou 1556, est un compositeur dans un très grand nombre de styles, prolifique et issu de l’école franco-flamande, surtout célèbre pour des harmonisations polyphoniques des psaumes en néerlandais, les Souterliedekens.
Il écrivit, entre autres :
15 messes (dont 14 messes parodie et un requiem) (la plupart d’entre elles ont été publiées entre 1555 et 1570 par Pierre Phalèse l’Ancien à Louvain), et, en outre, deux parties de messes (un Kyrie et un Credo) ;
15 magnificats ;
233 motets ;
plus de 100 pièces profanes, dont 89 chansons en français (certaines d'une paternité douteuse ; 77 seulement d’entre elles sont considérées comme des œuvres authentiques et ont été incluses dans l'édition complète de ses œuvres) et 8 en néerlandais, 8 pièces sans paroles, 2 chansons en tablature, et, de plus, une pièce instrumentale - un canon – qui est, toutefois, une attribution douteuse ;
159 psaumes et cantiques néerlandais, les Souterliedekens, qui emploient des mélodies populaires comme cantus firmus.
Pierre de La Rue parfois nommé Pierchon, Van Straeten, de Vico ou Platensis, (né probablement à Tournai vers 1460 et mort le 20 novembre 1518) était un compositeur franco-flamand de la Renaissance.
De la même génération que Josquin Des Prés, il est avec Agricola, Brumel, Compère, Isaac, Obrecht et Weerbeke un des principaux représentants de l'école franco-flamande autour de 1500.
De La Rue a écrit des messes, motets, Magnificats, arrangements de Lamentations, et des chansons en langues française et néerlandaise, et en général avec plus de diversité que la plupart des autres compositeurs de sa génération, excepté peut-être pour Josquin. Il semble avoir composé de la musique pendant environ 20 années, commençant à son retour d'Italie; il a été presque impossible jusqu'ici de dater aucun de ses travaux avec précision, mais ils se conforment, pour la plupart, aux tendances stylistiques répandues autour de 1500.
La plupart de ses messes sont pour quatre ou cinq voix, bien qu'il y ait de deux pour six voix, dont la Missa Ave sanctissima Maria un canon, un exploit techniquement difficile digne de Ockeghem. La plupart de ses messes sont construites sur des cantus firmus, bien qu'il écrive de temps en temps des messes-parodies. Il a aimé alterner des textures pour le contraste, employant souvent des passages avec seulement deux voix intercalées entre des parties où les voix sont toutes présentes.
Les motets de de La Rue sont la plupart du temps pour quatre voix ; ils emploient l'imitation dominante, mais rarement au départ (à la différence du modèle de Josquin). Ses trente chansons montrent une diversité de style, plutôt semblables au style bourguignon tardif (par exemple, comme ceux de Hayne van Ghizeghem ou Gilles Binchois), et d'autres qui emploient le style polyphonique. Il semble ne pas avoir pris pour modèle la frottola italienne qui met en lumière les textures homophoniques (que Josquin a employées si efficacement dans ses populaires El Grillo et Scaramella ), quoiqu'il ait vécu en Italie.
Requiem
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Dominique PHINOT
Dominique Phinot [Dominico Finot, Finotto] est un compositeur français de la Renaissance, actif en Italie du Nord (Urbino, Pesaro, peut-être Venise) et probablement aussi à Lyon, né vers 1510 et mort vers 1560.
Phinot a été un maître du style imitatif, développant une grande maîtrise du contrepoint et du canon. Ses œuvres ont eu l’éloge de plusieurs contemporains dès 1556 (Hermann Finck, Practica musica). Pietro Cerone avançait même (El Melopeo y maestro, Naples, 1613) que Giovanni Pierlugi da Palestrina s’était inspiré de son style.
Deux messes (Quam pulchra es sur un motet de Lupi et Si bona suscepimus sur un motet de Claudin de Sermisy) paraissent dans deux recueils différents en 1544 à Venise et à Paris en 155711.On possède également deux mouvements de messes (Pleni sunt coeli et Crucifixus à 2 voix12) et trois magnificats à 4 voix parus en 1554 et 1555 au sein des recueils de psaumes latins.
Missa Si bona suscepimus
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John DOWLAND
John Dowland était un compositeur et luthiste né en Angleterre ou en Irlande en 1563 et mort le 20 février 1626.
Très peu d'éléments sur la première partie de sa vie sont disponibles, mais il serait né à Londres ou éventuellement à Dublin. Séjournant à Paris au service de l'ambassadeur auprès de la cour française, il se convertit au catholicisme romain. Selon ses dires, cela contribua à l'écarter d'un poste à la cour protestante d'Élisabeth Ire d'Angleterre, et l'amena à travailler à la cour de Christian IV de Danemark. Retournant en Angleterre en 1606 puis en 1612, il assura un des postes de luthiste auprès de Jacques Ier d'Angleterre et curieusement, il n'y a plus aucune composition depuis cette date jusqu'à sa mort à Londres en 1626.
Œuvre
La plus grande partie de sa musique est destinée à son instrument, le luth. Son œuvre comprend donc plusieurs pièces pour luth seul, des lute songs (chansons pour une voix et luth), des chants à plusieurs parties vocales et luth, et plusieurs œuvres pour consort (ensemble instrumental) de violes et luth. Une de ses pièces les plus connues est le lute song Flow My Tears.
Il écrivit par la suite son œuvre instrumentale la plus connue, Lachrimae or Seaven Teares Figured in Seaven Passionate Pavans (Pleurs ou Sept larmes représentées par sept pavanes passionnées), un groupe de sept pavanes pour cinq violes et luth, chacune étant basée sur Flow My Tears. Cette pièce devint l'une des plus connues de la musique pour ensemble instrumental de cette époque. Sa pavane Lachrymae antiquae fut aussi l'un des grands succès du XVII siècle.
La musique de Dowland exprime souvent la mélancolie, un sentiment très présent dans la musique de cette époque. Il écrivit d'ailleurs une pièce pour ensemble dont le titre pourrait selon certains résumer son œuvre, intitulée Semper Dowland, semper dolens (toujours Dowland, toujours souffrant). Ce serait cependant oublier d'autres pièces plus humoristiques, comme My Lord Chamberlain, His Galliard1 une invention pour deux luthistes jouant sur un seul luth.
La musique de Dowland est un thème récurrent des livres de science-fiction de Philip K. Dick. Elle est aussi mentionnée à de nombreuses reprises dans Le Temps où nous chantions de l'auteur américain Richard Powers. L'écrivain japonais Haruki Murakami dans 1Q84 fait également allusion à ce compositeur.
Le chanteur Sting a repris les compositions de Dowland dans son album Songs from the Labyrinth (2006) que je posterai aussi ultérieurement.
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Guillaume DUFAY
Guillaume Dufay est un compositeur franco-flamand né vers 1400 peut-être à Cambrai ou Fay près de Cambrai, plus probablement à Beersel - non loin de Bruxelles - ou Chimay - non loin de Charleroi -, et mort à Cambrai le 27 novembre 1474.
Son nom dit son origine et se prononce communément en trois syllabes, comme ceux des hameaux de Belgique romane et du nord de la France qui parlent d'un « fayt », c'est-à-dire d'une hêtraie1. Dufay chanta et étudia la musique à la cathédrale de Cambrai, ville alors renommée pour la musique sacrée et qui fournit des musiciens au Vatican. En 1419, à Constance, le Prince Carlo Malatesta l'embaucha à la cour de Rimini (Italie). Il y composa ses premiers motets, fut chantre à la chapelle papale en 1428 et ordonné prêtre. Il servit la famille d'Este et séjourna à la cour de Savoie entre 1425 et 1428 puis à Rome jusqu'à 1433 avant de partir pour Chambéry, Florence, Ferrare, Genève ou Lausanne, dont il devint chanoine de la cathédrale en 1431.
En 1436, pour l'inauguration du dôme de Brunelleschi à Florence (la cathédrale, il duomo), Dufay composa le motet Nuper rosarum flores. Il rencontra Gilles Binchois à la cour de Bourgogne, le 5 mai 1437, une lettre du pape mentionne qu'il est bachelier en droit ; il quitte la chapelle papale à la fin du même mois et retourne à la cour de Savoie. Il retourna à Cambrai en 1439, où il dirigea la maîtrise de garçons et le chœur de la cathédrale et s'y retira définitivement en 1458 en servant à la cathédrale.
Musicien le plus célèbre d'Europe au XVe siècle, estimé des monarques — notamment de Charles VII et Louis XI —
Dufay a marqué le début de l'école franco-flamande, dont le rayonnement perdura jusqu'à la fin du XVIe siècle. En combinant avec brio l'Ars nova de Guillaume de Machaut, l'harmonie anglaise de John Dunstable et la mélodie italienne, sa musique a annoncé le madrigalisme et la musique de la Renaissance. Pour l'historien belge Léopold Genicot,
« Pasqueyes, chansons, cramignons de Liège, nous revoilà dans la musique, qui demeurait le grand art wallon. Les Hainuyers continuèrent à en commander l'évolution aussi longtemps que la polyphonie garda la faveur. Dufay l'avait dotée de la messe unitaire, bâtie sur un seul thème... »
Carlo Gesualdo (né le 8 mars (?) 1566 et mort le 8 septembre 1613 à Gesualdo) est un compositeur italien de la fin de la Renaissance. Grand représentant, aux côtés de Luca Marenzio et Monteverdi, du madrigal italien de la Renaissance, il a marqué l'histoire de la musique, tant par sa vie excessive que par ses compositions, parmi les plus innovantes de cette période.
Son mariage avec Maria d’Avalos, fille du duc de Pescara et cousine du compositeur, se termina sordidement quatre ans après par l'assassinat de Maria et de son amant, le duc d'Andria, et l’issue tragique de ces noces contribua à la postérité de Gesualdo, qui est devenu le compositeur meurtrier de l’histoire de la musique.
Cette scène se déroula le 17 octobre 1590 et connaît deux versions bien différentes. La première est celle que l'on peut retrouver par le témoignage de Bartodo, serviteur de Gesualdo au moment des faits. Cette version est contenue dans les comptes-rendus de l'enquête instruite par les juges de la Grand-Cour de la Vicariat de Naples1.
Dans cette version des faits, le meurtre eut lieu à la "sixième heure de la nuit", c'est-à-dire environ à une heure du matin (la septième heure sonna peu de temps après). Bartodo fut réveillé par son maître qui lui demanda de lui apporter de l'eau. Ce faisant, il s'aperçut que le petit porche de la porte donnant sur la rue était ouvert. Bartodo apporta l'eau à son maître et l'aida à s'habiller. Étonné, Bartodo demanda à son maître ce qu'il souhaitait faire, et celui-ci lui répondit qu'il partait chasser. Plus surpris encore, il lui fit remarquer qu'il n'était pas l'heure, ce à quoi Gesualdo répondit (approximativement) "Tu verras quelle sorte de chasse je fais !". Bartodo alluma ensuite sur ordre de son maître deux torches dans la chambre de celui-ci, et Gesualdo tira de sous son lit une épée bien affutée, une dague, un poignard et une petite arquebuse (d'environ deux paumes). Puis ils montèrent tous deux l'escalier menant aux appartements de l'épouse, et à la porte se trouvaient trois hommes armés chacun d'une hallebarde et d'une arquebuse longue de trois palmes. Ces derniers enfoncèrent la porte, et entrèrent dans la chambre de Maria d'Avalos. Bartodo maintenait la servante Silvia et une nourrice dans l'antichambre. Il y eut deux coups de feu, des insultes. Les trois jeunes hommes ressortirent, et ce fut ensuite Carlo Gesualdo, les mains recouvertes de sang. Il désira savoir où se trouvait Laura, l'entremetteuse, celle-ci étant absente. Bartodo et Gesualdo retournèrent dans la chambre où ce dernier acheva le couple agonisant.
Il est très important de noter que cette version est la plus fidèle que l'on puisse avoir, car malgré les mœurs de l'époque en faveur de Gesualdo, il s'agit d'une source administrative, officielle. Cette histoire fit couler beaucoup d'encre, et ce jusqu'au XIXe siècle. Un poème de Torquato Tasso, dit Le Tasse, raconte également ce meurtre, mais ce dernier faisant partie de la famille du duc d'Andria, on ne peut être complétement sûr de la fiabilité du récit.
Une autre version nous vient, faute de date précise, d'avant 17282. Cette version, qui fut la plus lue, est cependant la plus subjective, mettant en scène les derniers mots des amants, faisant passer l'épouse pour une dame peu vertueuse face aux inquiétudes du Duc, par de nombreux dialogues dans un style trop moderne pour le XVIe siècle, et dont l'authenticité est impossible à prouver.
Le mythe veut aussi que les blessures portées à Maria aient été uniquement à la région du bas-ventre, et que l’amant soit resté pendu jusqu’à ce que la pourriture trop avancée de son corps oblige Gesualdo à l’enterrer afin d’éviter une épidémie.
N’étant nullement tenu de composer de la musique religieuse, du fait de son rang et de ses protections, on pourrait s’étonner, après avoir lu l’histoire de sa vie, si éloignée de celle attendue d’un croyant, et après avoir écouté ses œuvres profanes, si sensuelles, de trouver des œuvres sacrées au catalogue de Gesualdo. Leur existence ne peut s’expliquer que par un besoin, un choix personnel, Gesualdo étant aussi passionné dans ses amours profanes que dans son amour de Dieu.
Des œuvres sacrées de Gesualdo :
deux livres de Sacræ Cantiones (cinq à sept voix) ;
des Respons des Ténèbres pour la semaine sainte ;
quatre Motets à Marie.
Les madrigaux de Gesualdo, au contenu sensuel contrastant avec sa musique sacrée, sont à l'origine de sa postérité. On distingue ses quatre premiers livres de madrigaux à cinq voix, à l'écriture conventionnelle et au style proche de ceux de Marenzio et du premier de Monteverdi, des œuvres ultérieures où abondent harmonies inhabituelles, chromatismes et figuralismes. Citons entre autres :
six livres de madrigaux à cinq voix (1594-1611);
un livre de madrigaux à six voix, posthume (1626).
Nicolas Gombert (env. 1495- env.1556) est un compositeur franco-flamand.
Nicolas Gombert serait né à La Gorgue, où son patronyme était déjà implanté. Il compta probablement parmi les élèves de Josquin Des Prés; on lui doit en effet la déploration Musae Jovis sur la mort de Josquin, dans la même lignée que celle composée par Josquin sur la mort de Ockeghem.
Il fut chantre puis maître des enfants à la cour de Charles Quint. Il fut condamné aux galères par ce dernier, semble-t-il suite à des relations sexuelles avec un jeune choriste. Le caractère de ses compositions est sérieux : dans ses pièces profanes, on ne trouve pas de textes grivois comme chez Clément Janequin (Ramonez-moi ma cheminée...), mais plutôt des textes tristes (Je prends congié, Tous mes regretz...). Selon le physicien Jérôme Cardan, Gombert serait décédé des suites d'une crise de mélancolie.
Après la transparence des compositions de Josquin Des Prés, le style de Gombert est marqué par un retour à une plus grande densité polyphonique, un peu dans le style d'Ockeghem. Dans ses œuvres sacrées, il porte le procédé d'imitation à un degré élevé d'excellence. Toujours en mouvement, ses parties comportent peu de points d'orgue. Dans son maniement de la dissonance, il est le précurseur de Palestrina.